Ecrire parce que je suis...

Ecrire... Miam !

Make me smile !

Lundi 27 octobre 2008

"[...] je voudrais que nous tentions ensemble de restituer un tout petit bout d'autobiographie qui accepterait de faire la part du vécu et celle du lecteur (ou du spectateur) ; tenter de restituer les liens qui se sont établis entre des moments de notre existence et les paroles que nous murmurent à l'oreille les oeuvres aimées. Pour cela, nous lirons ensemble, nous écrirons, nous discuterons." Christophe Fourvel.

 

Voici donc le début de ce que j'ai écrit dans cet atelier. Il tombe à point car je voulais écrire un article sur le dernier chef d'oeuvre de Woody Allen. Ce n'est qu'un extrait, la suite de ce que j'ai écrit viendra plus tard, à un autre moment et ailleurs. Surtout ailleurs.


"Barcelone – Besançon. Deux villes éloignées, qui ne se connaissent sûrement pas, d'ailleurs. Je ne ressemble ni à Vicky, ni à Christina. J'habite Besançon et je n'ai jamais vu Barcelone. Pourtant, je me suis appropriée Vicky Christina Barcelona de Woody Allen, comme s'il était mien. Ma vie ne lui ressemble pas. Elle a juste atteint le même sens.

Douce chaleur. Jaune orangé. Amour simple. Accepter d'aimer. Sentir une chaleur qui ne colle pas, n'oppresse pas. Comme ces amours. Ces amours sereins. Pas de souffrances mises à mal. Le vert est là. Dans tous les jardins. Le vert puis de nouveau ce jaune orangé quand vient son temps. C'est accepter d'aimer. Ou de ne pas aimer. Et de ne pas s'acharner sur quelque chose qui ne peut pas exister."

 

J'ai lu très récemment des critiques sur ce film et même celles qui l'acclament ne vont pas du tout dans mon sens. Elles parlent d'amours impossibles, désespérés. Je n'ai pas du tout ressenti le film de cette manière. Oui, il termine sur des non-lieux, mais les souvenirs et la place qu'ils laissent ne sont-ils pas bien présents ? Nous faisons tous des choix sur la manière de vivre l'amour, nos amours. Ces héroïnes là ont fait des choix, certes, qui peuvent paraître cruels pour elles. La différence avec un amour qui souffre, c'est qu'elles assument ces choix. Et ça me paraît être la chose la plus normale. Où est le désespoir ici ? Je prie Woody de m'excuser de percevoir son film, non pas comme un film reflétant les bas fonds de l'amour, mais au contraire, de m'avoir donné une envie de second souffle dans ma propre histoire.

Par Boumille - Publié dans : Critiques
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Mercredi 22 octobre 2008

Elle s'était rendue à un entretien pour être Barmaid au Nouveau Théâtre de Besançon. Elle avait attendu dans le hall rouge et or, pourtant il faisait froid. Ce n'était pas un très beau jour. En attendant, elle avait récolté plein de prospectus sur les spectacles, des stages culturels... Et puis elle était tombée sur ce dépliant des Sandales d'Empédocle qui se terminait sur un article annonçant un atelier d'écriture.

Un atelier d'écriture... Un rêve à peine balbutié, entre-ouvert. Mais un rêve quand même.

En revenant de l'entretien, elle n'avait pas pris le bus, elle avait marché. Elle aimait marcher dans cette ville fourmillant de tant de sérénité. Marcher l'avait amenée à passer devant les Sandales d'Empédocle. Elle n'avait même pas hésité, était rentrée et ressortie deux minutes plus tard, un bout de rêve accompli accroché à son sourire.

Elle en avait parlé à tous ceux qui pourraient comprendre ce que ça voulait dire pour elle. Tous avaient bien compris. Tous l'avaient accompagnées pour avoir la force d'y aller.
Un rêve fait parfois peur.

Mais la veille du 11 Octobre, elle n'avait plus peur, elle se sentait impatiente, voulant partager, écouter, découvrir, autre chose que son propre univers, douillet, oui, mais trop exhaustif.

Le lendemain, pendant 5 minutes, elle avait eu peur. Elle ne trouvait pas le bar. Coincée dans une rue qui partait dans tous les sens, elle voyait un sens de sa vie s'échapper. Elle était paniquée, terrorisée même. Elle était rentrée dans le premier bar et avait demandé où était le bar de l'Ermitage. C'était là. C'était ce bar. Un bar froid, un bar du matin à peine réveillé. Mais il y avait ces quelques personnes qui attendaient, comme elle, les yeux écarquillés par l'inconnu. Finalement, il ne faisait pas si froid que ça. Elle avait juste eu peur.

Christophe Fourvel était enfin arrivé. Tout lui avait sembler simple dès le début. Parler à un écrivain, un vrai, sans gêne, l'écouter sans se disperser. Prendre ce qu'il avait offrir fut le plus facile. Un jeu d'enfant comme de manger un barbe à papa. Découvrir les univers d'autres personnes étaient enveloppant. Oui, elle s'était rechauffé de cette couverture de San Francisco, de Montevideo, de l'Inde, du ciel, d'Arles et de Barcelone...

Quand il avait proposé d'écrire, elle avait écrit. Au début sans savoir et puis au fil des mots, son esprit s'unifaint à ses souvenirs. Elle écrivait soudain d'une façon nouvelle pour elle. Ecriture prolifique, ils appellent ça. Tout venait. Il fallait faire le tri, choisir ce qui avait lieu d'être écrit.

Elle était ressorti du bar avec une paire d'ailes, sa vie ayant enfin pris le sens qu'elle voulait.
Par Boumille - Publié dans : Atelier d'écriture
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Lundi 13 octobre 2008

Le 3 ème extrait a été écrit pas Laurent, ICI


La journée touchait presque à sa fin. Romane s'était levée comme beaucoup de matins, avec cette impression de banalité ennuyeuse, alors qu'elle savait qu'elle était faite pour l'extraordinaire, l'improbable. Quitte à tomber par terre, maintes et maintes fois. Bizarrement, en écoutant les conseils de sa meilleure amie, elle n'avait qu'à suivre ses intuitions, son sens de vie. Raconter qui elle était, de quoi elle était capable et cela avec le plus grand calme, la plus parfaite acceptation de soi. Cela n'avait pas plu à l'employeur ? Des gens comme elle, il y en avait des milliers, elle en était sûre. Il arriverait un jour où elle rencontrerait la bonne personne, qui aimerait ce grain de folie qui lui était essentiel pour se sentir elle-même.

Parce que malgré tout, aujourd'hui elle se sentait un peu seule. Même sa meilleure amie, qui pourtant la connaissait mieux que personne, ne la comprenait pas. Amandine préférait la sûreté, la sécurité. Elle voulait être certaine que jamais sa vie ne viendrait à couler. D'ailleurs, elle le montrait bien. Parcours exemplaire, tant du coté privé que professionnel. Mariée à un avocat renommé et 2 enfants, des jumelles de 5 ans, qu'elle avait élevées rapidement avant de les confier avec tout l'amour d'une mère à une nourrice privée, puis à une école maternelle prestigieuse. Elle avait étudié dans une grande école de commerce et était aujourd'hui directrice comptable d'une célèbre chaîne de cosmétiques. Sa vie rimait avec élégance et perfection. Romane se demandait pourquoi elle aimait tant cette fille avec qui elle était amie depuis toute petite, alors que tout les séparait. Puis elle se rappelait qu'elles avaient tout partagé ensemble et que ça, personne ne pouvait leur enlever.

Mais Romane aimerait avoir quelqu'un qui la pousse à être ce qu'elle voulait être. Qui lui dirait, oui, tu es folle, mais pas de ces folles qu'on met dans un asile. Une folle qui fait briller n'importe quelle couleur terne ou fait sourire le plus malheureux des hommes. Une folle qu'on exhibe presque, parce que ça ne se trouve pas à chaque coin de rue, une folle qui rend la vie plus magique que dans les contes de fées.

Cette personne, elle ne l'avait pas encore rencontrée et elle sentait que cela devenait urgent. Bientôt elle n'aurait plus cette force qui l'empêchait de ne pas rester à terre quand elle tombait, qui lui interdisait de ne pas persévérer malgré son parcours professionnel plus que chaotique.


Elle marchait en pensant à tout cela et elle ne s'aperçut pas qu'elle avait dépassé les Trois Colombes. Romane revint sur ses pas et s'arrêta devant le bar vintage. C'était son bar préféré, ainsi qu'à Amandine. Alors pourquoi cette peur soudaine ? Elle ne savait qui elle allait rencontrer, mais surtout, elle pressentait que beaucoup de choses allaient se jouer dans ce bar.

Il n'y avait personne dans le bar, mis à part le serveur. Son « ami qui lui voulait du bien » n'était pas encore  là. Elle alla donc s'asseoir confortablement sur sa banquette préférée et Barnabé, le serveur, lui fit un signe de tête, qui voulait dire « comme d'habitude », auquel elle répondit d'un sourire positif. Quelques minutes plus tard, il lui apporta un chocolat viennois. Et toujours personne en vue. Elle plongea sa cuillère dans l'épaisse couche de crème chantilly mais n'eut pas le temps de la ressortir, qu'elle entendu : « Romane ? Je peux m'asseoir ? ». L'homme devant elle n'était pas quelconque. Une cicatrice fine en travers de la joue, des yeux bleus avec une multitude de vies à l'intérieur, une barbe naissante, des cheveux poivre et sel coiffés avec le vent et une bouche de bébé. Il n'avait pas d'âge. Pourtant elle avait l'impression de l'avoir déjà vu. Devant son silence contemplatif, l'homme reposa la même question. Elle répondit en bégayant :

"  - Nous nous sommes déjà vus ?

- Donc, je ne peux pas m'asseoir, si j'ai bien compris ?

- Mais qui êtes vous ? "


L'homme poussa un soupir amusé et fit mine de partir. Romane réalisé soudain sa bêtise et lui cria presque : «  oui, oui, asseyez vous !! ».

S'ensuivirent de très longues secondes où ils se regardèrent l'un avec un sourire un rien moqueur et l'autre comme on regarde une oeuvre d'art qu'on ne comprend pas. L'homme prit enfin la parole.

« Bonjour Romane, je m'appelle Tristan et moi, oui je vous ai déjà rencontrée, ou du moins observée. Je passais pour des affaires privées dans les bureaux de Air Inter quand je vous ai vue dans le bureau du DRH. Je ne savais pas de quoi vous parliez mais vous exprimiez tellement de choses rien qu'avec vos bras, vos yeux, vos mèches de cheveux, la joue droite que vous mordilliez. J'ai été subjugué. Le bouquet a été lorsque j'ai entendu le DRH, ce vieil aigri, marmonner dans les couloirs « pilote de chaise de jardin, n'importe quoi, on aura tout vu ». J'ai usé de mon statut pour vous retrouver... »


Romane le regardait toujours avec le même air et Tristan ne pu s'empêcher d'éclater de rire et de continuer en beauté :

« Et là... Vous vous demandez ce que je fais là... ? »

 

 

Jeu organisé par Alexane, si vous voulez participez, réagir, connaître les conditions de participation, c'est par ICI. En tout cas, merci à elle, j'ai passé un très bon moment avec Romane.

Par Boumille - Publié dans : On joue ?
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Mardi 7 octobre 2008


Si cet article vous paraît donneur de leçons, c'est qu'il l'est vraiment... avant tout pour moi.

J'écris beaucoup sur le bonheur, le fait de ressentir la vie sous ses belles choses... C'est quelque chose que je ressens réellement. Mais c'est aussi plus facile de se convaincre quand on se le répète tous les jours.

A l'heure des grèves, des chutes de la Bourse, de la hausse du chômage, moi je lis Psycho. Et l'édito a pour titre : "10 ans au service du bonheur". Evidemment ça inspire. Et que ça fait du bien. Psycho parle de comment aimer, des différentes formes d'intelligence et de la blogosphère thérapeutique. Evidemment je m'y reconnais.

A croire que pour moi, le Bonheur, c'est mon St Jacques de Compostelle. J'en ferai presque mon métier.

Et pourtant je ne peux pas m'empêcher de sourire jaune. Parfois.

Comment mesure-t-on le Bonheur aujourd'hui ? En se comparant aux autres, ou plutôt ce qu'ils veulent bien nous montrer. Les blogs font de plus en plus ressortir ça... avec un panel de photos en tous genres, prises sous le bon angle, celui qui rend beau ce qui aurait pu être médiocre. On est  tous en train de baver devant la vie des autres et de se dire... c'est ça que je rêve. Je serai heureuse si j'avais ça.

Avez déjà tapé sur google "dis moi je te dirai". Vous aurez des pages et des pages qui vous démontront que ce que vous faites, c'est ce que vous êtes. De la plus simple "Dis moi ou tu as mal, je te dirai pourquoi" à la plus sordide "dis moi si tu trembles, je te dirai pour qui tu votes". Depuis quand ce que nous faisons nous définit ? Depuis tout le temps, c'est vrai.

Et nous mettons le bonheur dans le même sac. Ce que nous faisons, ce que nous mettons en vitrine au regard des autres, ce qu'il se passe dans nos vies, c'est l'opération du bonheur. On calcule. ça c'est bien. Vite j'additionne du bonheur. ça non. Hop je soustrais du bonheur. Hors le bonheur, ça ne se calcule pas. ça se ressent, il me semble. ça ne se montre pas. On ne dit pas "regarde, je suis heureux". On rit, on sourit, on se sent léger. ça pourrait être une émotion.

Paradoxalement donc, le bonheur, ça se travaille. Si au lieu de dire je rêve d'avoir la vie d'un tel, on disait je veux accepter ma vie telle qu'elle est ou telle qu'elle va devenir, j'aime ma vie comme elle est ? Cela implique de se donner les moyens d'être heureux, de voir la réalité sous un bon angle.

Le bonheur, ce n'est pas qu'une émotion, c'est  aussi un trait de caractère, une ligne de vie....
Par Boumille - Publié dans : J'invente ma vie
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Lundi 6 octobre 2008
Petit jeu de mots, ça ne me fait pas de mal. Et puis c'est plus drôle que de dire "j'ai rendez vous pour trouver un travail et pour avoir des sous même si je travaille pas." Feignasse, d'ailleurs.

ça fait deux mois qu'il me trotte dans la tête cet article. Donc deux mois que j'ai eu ce fameux rendez vous. Et deux mois que j'ai une dent qui fait sacré mal, contre ces trois énergumènes (qui ne sont pas deux, L'As et Dick ne font qu'un).

Déjà, t'arrives chez eux, t'as l'impression d'être dans un centre de loisirs, c'est tout beau, avec des bulles colorées partout, des pancartes qui font genre la vie est parfaite et rien n'est insurmontable. Même, ça sent bon, les gens sourient. Bref, on se dit que ça va être un jeu d'enfant. La bonne blague.

Alors la Lampe. A éviter si on a un tout petit égo, qu'on se trouve nul, incapable. En passant, c'est souvent le cas quand on a pas d'emploi, je dis ça.... Parce que les gars, généralement, ils te regardent, avec un air de chien battu, ou les yeux au dessus de lunettes, ou pire, ils te regardent pas du tout. Ils s'affairent pendant 20 minutes sur leur ordinateur, recommencent tout au moins une fois, vous font passer pour une incomprise, une moins que rien.

Ensuite, viennent les heures que vous passez à faire CV et lettres de motivation et qui ne recoivent jamais de réponses. Au bout d'un mois, même si vous ne vous sentiez pas incapable au début, vous commencez juste à trouver que ça sent pas bon du côté de Narcisse.

Pour L'As et Dick, c'est encore plus fourbe, déjà, c'est un monstre à deux têtes.Ou cent, n'importe, c'est un vrai cauchemar. Parce qu'une très gentille dame te reçoit mielleuse et tendre à souhait, on la croquerait presque. On déchante vite. Elle nous donne une liste longue comme ma liste de livres que j'ai envie de lire, sauf que celle là on préferait pas savoir la lire. Elle nous dit d'un air entendu : "surtout n'oubliez rien, parce qu'après les gens se plaignent que les assédis c'est long... " (ben oui ce qu'ils sont idiots, LES gens). Et ben on va vite en faire partie des gens qui se plaignent et qui sont idiots. Mais c'est vrai que c'est marrant de jouer au ping pong de dossier avec L'As et Dick. Sauf que c'est pas du jeu. Ils sont plus forts. Surtout plus bêtes et méchants, pointilleux et... voilà.

Bref, je ne vais pas grogner parce que je ne suis du genre à refaire le monde, mais quand même, le système français pour les chômeurs devrait mettre un peu de réalité dans tout ça. Les couleurs, si elles sont fausses, ça ne sert à rien, juste à faire hypocrite. Ou à rendre fou.

Sur ce, la Lampe, l'As et Dick, je vous salue bien bas.

Petite note : J'ai utilisé du "nous, je, vous, on, tu", parce que cette expérience est personnelle, mais pas que...
Par Boumille - Publié dans : J'invente ma vie
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