ça commence où ?

Publié le par Boumille


Par où ça commence ? Mon bureau de ministre encadré par mon rocking-chair et ma bibliothèque ? La neige glacée alors que des feuilles vertes sont encore accrochées aux arbres ? Le nouvel appart de A. ? Ma semaine passée à Entrevues ? Mon week end d'enfants amoureux à Paris ? Les affiches "We want a revolution" qui montrent des lutins séxués et tous nus placardées sur le hauts murs de la faculté de Besançon ?

C'est tout ça et bien plus encore.

La vie n'est faite que de rebondissements, de fins et de débuts, de renouvellements, de traditions et de retrouvailles...


Avec mon bureau, qui n'est pas aussi beau que je le voudrais, j'ai enfin trouvé l'espace qu'il me fallait pour relier tout ce que j'aime. Mes livres, mes films, mes photos, mes écritures, mon cocoonage. C'est déjà un vrai bordel de vie....

Depuis quelques semaines, je rentre le soir, tard. J'emprunte à vélo à la rue. Je vois défiler les vitrines et le ciel qui se sont réunis pour être plein de Noël. Les rues sont vides. Ou plein d'étudiants qui ne savent plus même plus que la rue est toute droite. Une nuit. La neige glacée. Fesses et gants mouillés. J'ai levé la tête. Comme les enfants. J'ai ouvert la bouche. Et j'ai mangé la neige.

Son appart est juste au dessus du Doubs. Déja chargé de beaucoup d'histoire. Histoires de nous et des siens. A elle. Des grandes vitres pleines de soleil, de neige. C'est comme ça part ici. Elle a bataillé pour que tout prenne sa place. Elle a réussi à faire rentrer le plus important. Sûrement. Elle a besoin des gens. Elle a besoin d'elles. Elle a besoin de soi. Je la regardais, se mettre enfin en face de son piano et vérifier qu'il avait bien pris sa place. Je l'écoutais jouer ses notes qui partaient tellement d'elle. J'avais toujours aimé la regarder jouer de dos. Désarticulée. Avec son piano.

Je suis partie plusieurs fois ces derniers temps. Je suis partie pas très loin. J'ai fait des kilomètres de pensées avec ma voiture. Pas de musique. Du cinéma. Faire rentrer les gens dans les salles et sourire. Facile. Rencontrer plein de personnes qui n'ont vu que ma présence et mon côté petite fille. Parler, parler et parler. Se dire qu'on est bien ici. Qu'on aurait bien aimé y être un peu plus. C'était le Festival Entrevues à Belfort.

On est partis tous les deux. Pas vraiment réunis. C'était dur de se retrouver, avec que nous deux. Rien d'autre. C'était dur dans le métro de se tenir à côté sans sentir que l'autre nous tient vraiment. Mais le temps fait les choses. Evidemment. Marcher dans Paris sans savoir où on va. Se payer des folies parisiennes juste pour découvrir. S'assoupir dans Notre-Dame. Rencontrer un doux passé de l'autre. Créer à deux. Etre enfants dans un parc magique et se tenir la main. Essayer de retrouver les goûts de notre enfance. Qu'on ne retrouvera pas. Etre enfant devant peu de chose. Mais peu de chose c'est déjà bien. Parce qu'à la fin, on est fatigué d'avoir vécu autant de choses ensembles. Fatigués. Mais apaisés. Et réunis.

Et il y a ces affiches qui me tordent l'esprit. Cette mère avec son enfant qui n'arrivait pas à expliquer le sens de ses affiches. Comme si ça n'était vraiment pas à sa place. Je ne sais pas quel est le rôle de ses affiches...

Hier j'ai perpétué les traditions. Petits gâteaux de Noël. Que je n'ai pas ratés. J'ai vu que T. avait picoré la pâte des coeurs à l'orange. Traces de doigts !!

Publié dans J'invente ma vie

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violette7 13/12/2008 22:46

quand tu as raconté ton bureau...tu as parlé de chaise..moi j'ai pensé au rocking...qui n'était pas là d'hab...et là je te lis et je vois qu'il était là comme si je l'avais vu au travers de nos mots!!!!!! et te voilà installée!!!!!!!!!tandis que tu es là, ailleurs ou partout!!gare au déménagement!!!