Histoire pour adultes ronchons

Publié le par Boumille

Voilà, c'est parti, grâce à ma maman, je me mets au défi du samedi.

Elle a 25 ans. 25 ans qu'elle fête ces nouvelles années qui tournent inexorablement. Les toutes premières, évidemment, elle ne s'en souvient pas. Quoique... il y a bien cette photo d'elle, où elle a un an, un soir de réveillon, un chapeau rouge à élastique rouge qui lui cisaille la gorge. Déjà à cette époque là, ça n'avait pas l'air d'être la joie.

Et puis toutes les autres années, ça n'avait fait qu'empirer. Le nouvel an la faisait sentir seule. L'année dernière, elle s'était même couchée avant minuit. Elle entendait dans sa tête tous ces "bonne année, bonne santé et blablabla" et l'année  n'avait pas débuté dans le bonheur le plus total. Et c'était toujours comme ça. Elle s'ennuyait, pleurait, rageait, finissait par maudire le monde entier et encore plus ce présage de nouvelle année qui commençait le nez bien bas. Le plus énervant, c'est que quand elle faisait le récapitulatif de ces années, elle ne pouvait jamais dire "quelle mauvaise année, vivement qu'elle se termine". Non la plupart du temps, elle avait accompli un petit chemin et ça lui suffisait. Quelques cata, par ci par là. On s'en remet.

Mais ces réveillons, quel enfer !! Non, cette année, il fallait qu'elle fasse quelque chose pour que ça change. A quoi cela servait-il de changer d'année ? Rien. Aux bonnes résolutions ? C'est une bonne blague. Elle, elle se les faisait 5 fois l'année ses bonnes résolutions. Une liste dans sa tête, hop, on passe à autre chose. Non vraiment cette année, ça allait autre chose, elle se l'était promis.

Cette année, on ne passerait pas à 2009. 2008, c'est bien comme chiffre. Et puis ça ne changera rien à la crise, ou encore au nombre effarant d'acteurs morts tragiquement. (Oui, cette fille est d'un égoïsme insurmontable). Et ce que vous ne savez pas, vous, adultes broyant du noir, parce que tous les ans, c'est le même bazar, on se résout à ça, puis ça et finalement, rien, nada, on change rien. Ce que vous ne savez pas, c'est que cette fille de 25 ans est en fait une princesse-sorcière (catégorie à part des espèces magiques et très rare en plus).

Et voilà, la jeune princesse-sorcière arrêta le temps au mercredi 31 décembre 2008 à 23h59. Ce qu'elle n'avait pas prévu, parce qu'elle inconsciente et aussi très égoïste (je l'ai déjà dit, mais quand même), c'est que tout s'arrêta autour d'elle. Les gens aussi avaient arrêté de vivre. Sur pause. Plus de bruits, plus d'odeurs, plus de sensations. Juste ses émotions à elle, qui tourneboulaient dans tous les sens... Elle qui ne voulait pas de solitude, elle se mit dans une colère noire, alors qu'elle ne voulait pas de colère, ce qui l'enragea encore plus, et elle se rendit compte qu'elle ne voulait pas non plus de rage, et alors elle se sentit très triste, de plus en triste et se dit que ça non plus, ce n'est pas sur la liste des émotions autorisées pour le nouvel an. Finalement, elle pleura et se fut le bouquet final.

Et puis il se passa quelque chose de très étrange. Elle n'avait plus personne à maudire. Elle était réellement seule. Ce n'était plus juste un sentiment de petite fille gâtée, c'était la réalité. Et pour la première fois depuis 25 ans, elle se mit à se maudire, elle. Elle toute seule et sa bêtise. Son égoïsme si superbe, qui la mettait au dessus des gens. Elle se sentit toute petite et surtout, toute ridicule, parce que si elle se souvenait lucidement, elle avait toujours passée ces fins d'années avec les gens qu'elle aimait. Et que tout ça avait disparu... Par un coup de baguette de caprice magique.

Alors la princesse-sorcière qui était égoïste, inconsciente, seule, gâtée et ridicule, mais aussi un peu débrouillarde (un peu) décida d'être encore plus égoïste et de redémarrer le temps, pour les gens qu'elle aimait, c'est à dire pour elle.

Il était 23h59. Bientôt, il fut minuit. Elle ouvrit grandes toutes ses fenêtres qui donnaient sur les quais, éteignit les lumières. Elle attendit quelques secondes. Les cris, les acclamations ne tardèrent pas à fuser. Elle s'assit dans son grand fauteuil et écouta tout ces bruits. Elle était toujours seule. Mais dehors, le monde était plein de monde. Elle n'était donc pas seule. Bientôt, son amoureux rentrerait et la vie continuerait. Demain, elle ne prendra pas tout de suite de bonnes résolutions.

Elle venait d'en prendre une bonne et cela suffisait. Les fins d'années seraient maintenant comme les autres jours, c'est à dire différents et jamais comme on les attend. Mais ce n'est toujours que la suite des choses, car en réalité le temps ne s'arrête jamais....

Publié dans J'invente ma vie

Commenter cet article

voyance gratuite en ligne par mail 23/09/2016 11:19

Je suis ton blog avec beaucoup d’intérêt depuis peu.

pépé michel 01/01/2009 18:07

Ma Boumille:c'est très bien.soigne bien le grand .Ton blog est très bon.Je n'ai pas vu ta sacoche ni les bijouxA bientôtbisous.

Gisou 28/12/2008 00:11

Bonsoir BoumilleTout d'abord merci... merci d'être venue dans ma communauté et merci d'y avoir mis ton histoire. Bravo !! je la trouve très bien cette histoire ! Une belle leçon de vie que tu nous donne là !Savoir se contenter de ce qu'on a, et trouver notre bonheur dans ces petits riens de tous les jours... Je te souhaite de très bonnes fêtes de fin d'année quand même..BisousGisou

Boumille 28/12/2008 10:39


Merci à toi de m'avoir accepté dans ta communauté, c'est l'occasion de découvrir de nouveaux blog et de partager encore plus d'idées !