"... le public n'avait pas dit non". C'est le réalisateur Jean-Marie Poiré (le Père Noël est une ordure) qui parle. Car avant d'être réalisateur, il
chantait. Les Frenchies, ça s'appelait. Le journaliste montre sur le grand écran quelques images du groupe et comme c'est un film vieux, ça fait plus vrai que vrai. Poiré porte un casquette
presque publicitaire, un vieux blouson en cuir et une écharpe violette. D'où je suis, ses traits semblent flous. Je n'ai pas mes lunettes. Mais même, cause à la casquette, aux lunettes (les
siennes et les miennes que je n'ai pas), je n'arrive pas à définir son visage. Je ne sais pas quelle tête à Jean-Marie Poiré. Mais il a une voix. Et il parle. Il raconte. Le journaliste peine à
poser ses questions tellement le flux est régulier, intense et sans accrocs. Il aime ce qu'il a fait. Il aime son métier. Ce n'est pas lui qui le dit. C'est moi. Dans tous ses mots qu'il nous
donnait, comme un parent raconte un conte à son enfant pour qu'il s'endorme, il nous montre que son métier est comme les autres. Il faut grappiller, oser, voler, mentir, écraser d'autres fourmis
moins habiles. Il faut savoir vivre des aventures que l'on saura faire revivre en grand. Tout ce qu'il raconte a l'air aussi réel que dans la vraie vie. Ce sont des anecdotes par milliers, des
leçons, de la morale, l'apprentissage de soi en quelques sorte... "Les acteurs, ils ont ce petit truc, vers 8 ans et demi qui se casse et qui les empêche de grandir. Heureusement, sinon ils ne
pourraient pas faire tout ce qu'ils font."
C'était donc le salon du Cinéma du 16 au 18 Janvier à la Villette. Le tapis rouge était avancé. Les maquilleurs professionnels, les vieilles caméras, les
improvisateurs, l'école de l'ESRA en plein vrai tournage, les cascadeurs, les animaux dressés, les yamakasi, les acteurs, réalisateurs, étaient tous présents pour faire tourner le rêve. On s'y
croirait presque. Sauf que. Entre l'espace dédié aux intervenants et ceux des cascadeurs, se trouvait un autre espace. Stands d'écoles de réalisateurs, d'acteurs, de monteurs, d'ingénieurs du
son.... Cet espace m'a rappelé de mauvais souvenirs. Période où je m'illusionnais de me lancer dans ce monde plein d'étoiles. Mais cet espace est réservé à l'élite ou à ceux qui ont de l'argent.
Par curiosité, j'ai discuté avec un directeur d'une de ces écoles. Rien n'a changé. L'année coûte toujours 7000€ et avec comme seule aide un crédit à vie. Mieux vaut se dire que rêver devant l'écran, ça coûte moins cher...
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